Plaidoyer pour une réforme de l'Education Nationale

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Plaidoyer pour une réforme de l'Education Nationale

Message par Admin le Mar 4 Mar - 19:14

Lettre à nos ministres, à nos responsables administratifs de l'Education Nationale , aux représentants syndicaux, aux présidents d'associations de parents d'élèves...

Vous, en charge des questions de l'école, de piloter notre l'Education Nationale, ou promoteur d'un programme politique, vous proposez beaucoup de choses sensés rendre l'école plus juste : l'école des bébés, libéralisation de la carte scolaire, plus de professeurs, plus de moyens, un retour à l'autorité, etc...

Mais sans vouloir vous offenser, vous ne proposez jamais ce qui permettrait de changer vraiment les choses, ce qui permettrait de moderniser notre pays durablement, de rendre heureux une majorité de gens en les débarrassant de l'indignité créée par les systèmes actuels...

Avant de vous faire part de ma proposition de réforme pour notre école qui, elle, aurait les caractéristiques décrites ci-dessus, il faut que vous compreniez la difficulté que vous aurez toujours, vous les politiques à faire de la bonne (au sens d'intérêt général) politique, vous, les administratifs "supérieurs" à faire bien fonctionner les services publics (de façon à ce qu'ils remplissent honnêtement leur mission de service public) !

Pourquoi des gens comme vous ne peuvent pas promouvoir une bonne réforme de l'école ?

Il faut un jour que quelqu'un vous dise, à vous et à tous vos pairs, que vous avez des moyens extrêmement simples de rendre l'école plus juste , ou la justice plus équitable... Mais que vous êtes dans l'incapacité de vous en emparer. Vous ne voulez pas les utiliser parce que, d'une part, la réforme vous desservirait et que d'autre part vous ne pouvez pas y penser, dans le sens où vous (et vos proches) n'avez jamais ressentie dans votre chair ce que c'est que d'avoir une école injuste, une justice partisane ; et que foncièrement réformer l'école, pour vous même, vous n'en comprenez pas l'intérêt, puisque cette dernière vous a faite tel que vous êtes, et qu'en un sens, il faudrait vous renier, "vous destructurer", vous déprogrammer pour que vous puissiez admettre la nécessité de sa remise en cause.

C'est le paradoxe de l'ornière : vous, hommes, politiques de gauche ou de droite, hauts administratifs, parisiens, formés de la même manière... et nous, peuple qui subissons vos lois, sommes tous coincés dans une ornière : une terrible ornière dans laquelle notre nation peut péricliter si nous n'en sortons pas. Or vous les politiques, membre de l'élite, qui avez tous les pouvoirs en main pour nous en faire sortir, vous êtes ceux qui profitez de cette ornière ! Alors comment pouvez-vous prétendre trouver les moyens d'en sortir ou d'en faire sortir toute notre nation ?

L'exemple de l'école est symptomatique de cet échec de la gauche (et a fortiori de la droite) à faire des réformes valables, qui respecterait ses valeurs : égalité des chances et des droits pour tous...

Donc voilà, quelques trucs pour faire une école plus juste !

Dans un premier temps, vous laissez tranquilles l'école et le collège, et vous vous concentrez sur le lycée et le supérieur.

Vous faites 5 (ou 6) domaines d'apprentissages au lycée qui couvrent tous le champ de l'activité humaine: 1/ sciences dures 2/ sciences vivant 3/ sciences économiques et sociales 4/ sciences administration et droit 5/ Communication Art et lettre 6/ ou autre à définir ...


Dans chacun de ces domaines, vous faites 3 filières, qui représentent 3 différentes façons d'apprendre ou d'enseigner : 1/ Abstracto-verbal intello, théorie 2/ technique ingénierie 3/ professionnel


Dans chaque domaine, les disciplines fondamentales sont suivies par tous les élèves du domaine quelques soit la filière pédagogique choisie : math, français, histoire, autre langue, philosophie, économie-citoyenneté, psychologie... Ces fondamentaux sont bien entendu colorés par la thématique du domaine : exemple tous les élèves du "vivant" ont des cours de philo sur la mort ou réfléchissent sur des questions telles "qu'est-ce que la souffrance"... Les études en économie prennent pour cas des exemples du domaine...

Chaque filière aboutit à un diplôme BAC, soit 15 bacs tout compris.

Pour que cette réforme fonctionne le point le plus important est de prioriser l'accès aux grandes écoles ou aux universités... Soit le recrutement des étudiants dans les écoles d'excellence ou dans les filières universitaires se fait en fonction du domaine-filière suivi au Lycée. En conséquence aucune filière ne sert plus à effectuer une sélection sans le dire.

    -Ne vont en "fac de Médecine" que ceux qui auront un des bacs de "sciences vivant"
    -Ne vont à l'ENA que ceux qui auront un des bacs de "sciences administration et droit"
    -Ne vont à Polytechnique que "sciences dures et technique", et à l'université que "sciences dures et théorique"
    - Ne vont à normal sup. lettre que les élèves venant de "communication Art lettre" ...

Bref vous aurez compris...

Ainsi il n'y a plus de voies royales. Il n'y a plus de élèves ontologiquement supérieurs ! Il n'y a plus d'orientation poubelles ainsi que le furent si longtemps les lycées professionnels...

De plus, il y a obligation pour TOUS les élèves de faire un grand choix de domaine à la sortie de la 3°, ces derniers pouvant être affinés au cours de la seconde, première...en laissant des passerelles ouvertes entre les filières.

Nous sommes là dans un cadre plus juste, dans le sens où tous les élèves ont un choix d'orientation à faire : il n'y a plus de choix par défaut ou par échec (pour les soi-disant mauvais élèves) ; comme il n'y a plus de "Non décision" à prendre (pour les soi-disant bons élèves) comme aujourd'hui.
Cette dernière règle du jeu démocratique aura pour conséquence non négligeable d'éviter que ne parviennent à la tête de notre état que les seuls adultes immatures. Car comment croire, que celui qui n'a jamais eu de choix importants et difficiles à faire, comme celui de décider de son propre avenir, serait-il compétent pour décider du destin d'une nation ?

Beaucoup d'autres avantages sont à attendre de ce système :
    - plus d'autonomie chez les citoyens français
    - moins de hiérarchisation sociale à cause d'un simple diplôme gagné à 22 ans ;
    - plus de scientifiques et de chercheurs de qualité (les plus grands esprits ne sont plus formés pour la finance) ;
    - moins d'arrogance chez notre élite devenue plus réaliste, plus pragmatique ;
    - moins d'humiliation dans les milieux sociaux mal aisés et plus de chance de ce construire sa propre réussite ;
    - plus de compétences professionnelles en France,
    - plus de dialogue entre les individus d'une même profession amenés à travailler ensemble (par exemple entre les médecins les infirmières et les laborantins ou aides-soignants...qui ont fréquentés les mêmes établissements) ; et donc plus d'efficacité des services ; moins de perte de temps en courbettes et servilités passe temps de millions de français au travail jusqu'alors.
    - et surtout un grand vent de démocratie...


En attendant de proposer ça en haut lieu, qu'en pensez-vous ?

Au plaisir de vous lire,

Claire


Dernière édition par Admin le Ven 4 Avr - 16:15, édité 2 fois (Raison : Fôte)

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Re: Plaidoyer pour une réforme de l'Education Nationale

Message par cmelzac le Dim 13 Avr - 15:58

Pour ma part, je suis d'accord avec tes propositions de réforme. Elles risquent d'être coûteuses si on créé un haut niveau de multidisciplinarité (personnellement, dans le système actuel, je n'ai plus fait de sciences naturelles ni de sciences physiques ni de mathématiques à partir de la première parce que j'étais en filière L), mais elles me semblent nécessaires pour créer des élèves compétents dans les domaines pratiques et théoriques. Cela signifierait qu'on ne baisse pas le nombre de postes d'enseignants, comme cela est fait actuellement. A plus de spécialités, plus d'enseignants. Le niveau de culture générale me semble beaucoup trop bas aujourd'hui, par exemple quand je discute avec des amis issus de S, ils y a des grands auteurs comme Rousseau ou Kant que certains ne connaissent pas, tandis qu'à l'inverse, je ne comprends pas grand chose lorqu'ils évoquent leurs travail en maths par exemple, même dans des opérations qui leur semblent simples.

Quant au fait de relier les filières du lycée avec celle des grandes écoles, tout en sachant que je suis partisane d'une intégration de celles-ci à l'université, j'y suis favorable également. Cependant, un élève a le droit d'héseiter dans son orientation (personnellement, cela m'est souvent arrivé et m'arrive encore): la personnalité, pour un adolescent ou un post-adolescent, est encore loin d'être complètement forgée, et il doit pouvoir changer d'avis, par exemple entre le lycée et la préparation à l'ENS. Les notes dans la nouvelle discipline d'études envisagée doivent être alors bonnes, pour qu'une réorientation soit permise. Mais globalement, je trouve que tu as raison, il y a trop de voies royales qui rassemblent les bons étudiants et qui alimentent les défaillances du système actuel.

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La énième reforme est ce bien raisonnable?

Message par ChristianB le Mar 15 Juil - 7:03

De nos jour si on crée un métier, il semble naturel de créer le bachot qui va avec. Autrefois un bachelier avait recu une formation complète, c'est ce qui faisait la valeur du parchemin. Aujourd'hui ces diplomes sont divers, mon sentiment est qu'ils n'ont la même valeur. Il faut faire en sorte qu'un bachelier soit en mesure d'accéder à toutes les filières. Les universités et autres IUT sont les lieux où les spécialisations devraient se faire.Il serait donc sage de retrouver un fonctionnement corrrect de l'institution chargé de la formation de nos enfants. Il n'est pas utile de former à tout prix des bacheliers, de même manière il est nécessaire de revaloriser les métiers dit manuels. Il n'y a pas de sot métier, il n'y a que de sottes gens, cet adage je l'ai entendu plus d'une fois lorsque j'étais enfant. D'autre part, pensez vous que la culture est rattachée à un diplôme? Je pense que non, il m'a été donné à de multiples reprises de croiser des individus diplomés sans culture. A l'inverse j'ai rencontré des individus sans ces fameux diplômes qui vous épatent tellement leur culture est importante. En conclusion je dirais que l'essentiel est de donner les moyens de pratiquer une activité pleinement, avec plaisir et de façon honnorable. Il n'est pas besoin de trouver des noms ronflants pour qualifier un métier. Le bon sens doit rester la règle.
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